International Traditional Budo Federation

International traditional budo federation
082/225 474

Histoire de l’arnis

 L'histoire de l'Arnis

Le Kali Arnis Eskrima

Le Kali Arnis Eskrima (parfois abrévié en KAE) est un groupe d'arts martiaux faisant partie de la branche du silat originaire des îles Philippines dit silat FMA pour "filipino martial arts".

Bien qu'il ait une composante mains nues, l'entrainement est axé principalement sur le travail des armes (bâtons, couteaux et lames de tailles intermédiaires mais également parfois suivant les écoles bâtons longs, lances, fouets, sarongs, haches, armes de jets…).

 

 

Étymologie

Arnis :
Ce sont les Espagnols qui débarquèrent aux Philippines lors de la seconde moitié du XVIe siècle qui, en observant cette méthode de combat pratiquée par des guerriers indigènes harnachés de gantelets particulièrement décorés, lui donnèrent le nom d'arnis (arnes, terme espagnol signifiant le harnois, i.e. l'armure). Il distinguèrent ainsi les termes arnis de mano (armure de mains) et arnis de armas (avec des bâtons ou des lames).

Eskrima :
Les techniques philippines (combat à la machette et au kriss) se sont ensuite mélangées avec les formes de combats employées par les conquistadores espagnols, et principalement le combat à la rapière et à la dague - espada y daga. S'ensuivit une dérive du terme escrima espagnol1,2.

Kali :
Principalement utilisé aux États-Unis et en Europe (beaucoup moins aux Philippines), il est parfois complètement inconnu à certains pratiquants. Toutefois, du fait de la popularité du terme en dehors des Philippines et de l'influence de certains pratiquants étrangers celui-ci est désormais communément accepté au même titre qu'arnis et escrima.

L'origine de ce terme, apparu seulement dans les années 1960, demeure pourtant plus floue que les deux autres :
- Il pourrait provenir des mots Cebuano "ka"mot désignant les mains (ou le corps suivant le contexte) et "li"hok traduisible par mouvement3.
- De nombreux termes martiaux proches (kalirongan, kalibanga, kaliradman, pagkalikali) pourraient avoir évolué vers la dénomination kali. Un des exemples de ce type est le terme tjakalele désignant un style indonésien d'escrime au bâton et dont le nom aurait été repris aux États-Unis par certains pratiquants pour se distinguer des autres escrimador4.

Eskrima et Arnis étant dérivés de mots espagnols, la préférence pour le mot kali peut être vue comme une volonté de retrouver une désignation plus philippine, plus authentique alors que le terme originel a disparu.

Du fait de ces différentes influences la langue d'enseignement est traditionnellement constituée d'espagnol et de tagalog, les pratiquants pouvant être désignés par les termes arnisador, escrimador, kalista ou bien encore mangali.

La pratique

La pratique se divise en trois parties dans l'école "Arnis Korédas Obra Manomalis" (les termes changent suivant les écoles et suivant les époquLe Kali Arnis Eskrimaes : à l'époque moderne des termes espagnols sont remplacés par du tagalog par souci d'exotisme et pour paraitre plus anciens…)

la répétition des techniques de base, muestracion, ou pandalag ;
l'assaut conventionnel, sanga at patama ou obra tabak ;
le combat libre, larga mo iton ou labanang totohanan.
L'enseignement reprend la méthodologie originelle de l''eskrima philippine, avec ses notions d'angles et de concepts géométriques mais également des techniques martiales européennes (alors même que celles-ci ont parfois disparu en Europe). La maîtrise du bâton devant conduire le pratiquant à se familiariser avec différentes armes comme le couteau ou l'épée mais également au combat à mains nues et ses différents secteurs comme le panantukan (boxe des poings), le pananjakman (boxe des pieds) ou le dumog (lutte).

En fonction des ethnies et des zones géographiques, de nombreuses écoles se sont créées et affrontées depuis les années 1930. Les combats meurtriers entre les champions d'eskrima s'appelaient des patayan. Ils furent interdits par les Américains dans les années 1950. Ce n’est qu’en 1969 que l'existence des arts martiaux philippins a été révélée au public occidental par Donn F. Draeger et Robert W. Smith dans Asian Figthing arts. En 1980, Dan Inosanto présentera un ouvrage sur les arts martiaux philippins qui touchera un large public. C’est aussi à partir de cette époque que l’on commence à désigner cet art martial sous le nom de « kali ». Ce terme avait été choisi comme le nom originel de l’eskrima par Dan Inosanto, bien que son étymologie fut incertaine. Le succès du « kali » poussa ainsi de nombreux maîtres eskrimadors à changer le nom de leur système afin d’être plus commerciaux…

En 1994, Mark V. Wiley écrit un article fondateur dans le Journal of Asian Martial Arts. En 1996, Mark V. Wiley publie le livre de référence sur l'eskrima : Filipino Martial Culture. Ce qui frappe à la lecture de cet ouvrage c’est l’incroyable capacité d’invention des maîtres eskrimadors capables de « réinventer » en permanence leur art martial à partir de données communes, puis de les adapter au monde moderne en les confrontant aux autres arts martiaux. Bien que le terme soit quelque peu galvaudé, on peut définir les arts martiaux philippins comme appartenant à un système martial « dynamique », construit principalement pour affronter des systèmes inconnus. Cette qualité se traduit cependant par une complexité pédagogique qui fait autant appel à la dextérité, qu'à la réflexion et la capacité de synthèse.